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Eau, hygiène et beauté
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Les notions d'hygiène et d'eau sont aujourd'hui indissociables. Toutefois, au cours des siècles, cette association a connu de grandes variations.
Il y a 30 siècles, en Inde, l'eau est source de bienfaits, de bonheur, de réconfort, les maisons des notables étaient déjà équipées de bains, et disposaient d'égouts.
Le mot hygiène vient du nom de la déesse grecque de la santé Hygie. Les Grecs se sont inspirés des Hindous et des Egyptiens ; des uns ils empruntèrent les ablutions et des derniers la science des parfums et des onguents. Ils complétaient leur toilette quotidienne par l'application de ces onguents aux vertus préventives et curatives.
Dans la Grèce Antique, des fontaines publiques installées en plein air, permettaient aux citoyens de prendre leur douche à l'extérieur. Peu à peu sont apparus des bassins intérieurs, d'abord bains froids pour la natation, suivis de bains chauds accompagnés de sudation en étuve.
Les Romains ont ensuite adopté cette pratique des bains. Les thermes romains étaient composés d'un frigidarium (bains froids), d'un tepidarium (bain tiède) et d'un caldarium (étuve). Avec la chute de l'Empire et la montée du Christianisme, ces lieux de " débauche " furent interdits en raison de leur mixité.
En Europe, le Moyen Age marque la chute de l'hygiène. Non seulement elle disparaît, mais encore l'eau apparaît dangereuse. Au XVIème siècle, la grande peste augmente cette défiance vis-à-vis de l'eau. La croyance populaire voulait que l'eau " pénétrât " dans les pores de la peau pour y déposer des germes. Les bains focalisent les critiques tandis que le linge blanc devient le nouveau vecteur de la propreté et de l'hygiène : c'est l'ère de la toilette sèche. Il absorbe la transpiration, le sébum, purifie le corps et témoigne du raffinement et de la propreté de son propriétaire. Les notables et les bourgeois se doivent de posséder un grand nombre de chemises afin de pouvoir en changer fréquemment. Au linge blanc s'associent les parfums dont le rôle est majeur au XVIIème siècle. La crasse disparaît, masquée par les beaux habits et par les senteurs. Au siècle des Lumières, une relation nouvelle s'établit entre l'eau et le corps, les bains sont très présents, l'eau retrouve sa prépondérance, le savon apparaît. Au XIXème siècle, des traités de médecine insistent sur le rôle de l'hygiène. Mais, il faut attendre le milieu du XXème pour que se généralisent les réseaux d'eau courante et les notions élémentaires d'hygiène.
L'hygiène corporelle va s'imposer comme acte indispensable à la santé et au bien-être.
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Reconstitution d'un maquillage égyptien
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Même si des vertus prophylactiques lui ont été reconnues, le maquillage est le soin d'embellissement par excellence. Les fouilles archéologiques montrent qu'à la préhistoire, les hommes utilisaient des pigments pour décorer leur corps.
C'est dans les tombes egyptiennes de la 1ére dynastie (vers 3100-2907 av. JC) que furent découverts les premiers fards à yeux verts puis noirs, Les égyptiens élaboraient leurs fards par de savants mélanges de matières, de manière à les soigner et à les protéger du soleil et des infections.
Quant aux Romains, ils considéraient, au début de l'Empire, les cosmétiques comme dépassés. Mais au fur et à mesure de leurs conquêtes, le luxe des peuples orientaux conquis leurs apparut comme une marque de richesse. Le commerce des cosmétiques reprit donc en direction de Rome. Lorsque l'influence de Rome s'estompe, les notions romaines de propreté corporelle et de parures disparaissent également.
En Inde, la femme se devait d'être séduisante. Ainsi, dans le traité amoureux " Kama Soutra ", il est conseillé aux femmes d'apprendre l'art de colorer le corps, les cheveux, les ongles, les dents et les vêtements. Sur leur visage, l'emplacement des ornements était un moyen de distinguer les castes les unes des autres.
Le Moyen Âge, sous la dominance de l'ère chrétienne, voit le maquillage tomber dans l'oubli, en Europe. En revanche, il demeure d'usage courant au Moyen-Orient, d'où le rapporteront les Croisés. Le manque d'hygiène provoquera l'explosion des parfums et en particulier de l'eau de Cologne à la fin du XVIIIème siècle. De la renaissance à la première moitié du XIXième siècle on recourt beaucoup à la parfumerie sèche, aux usages divers : poudre pour sachet (pour parfumer les vêtements), poudre pour le visage, la perruque, commercialisée en vrac dans de grands pots aux décors raffinés.
À la cour du roi Soleil, on se farde avec du safran ou des pollens de fleur, ce qui donne au visage une couleur intense. Bientôt, la France devint un phare dans l'art du maquillage, et est considérée comme le pays du génie cosmétique.
En Europe au XVIIIème siècle, les personnes des deux sexes cherchèrent à prendre une apparence presque entièrement artificielle. Sur les visages blanchis, on soulignait en bleu la ligne des veines. Les mouches de velours ou de soie noire, inventées pour masquer les marques de variole devinrent de plus en plus grandes et prirent des formes de plus en plus complexes. Cette utilisation flamboyante des cosmétiques diminua considérablement après la Révolution Française et le début de l'époque victorienne. Les hommes abandonnèrent le maquillage et les femmes respectables se contentaient d'un nuage de poudre. Vers 1880, les progrès techniques et l'apparition de la réclame ouvrirent une nouvelle ère dans l'histoire des cosmétiques. Encouragées par la beauté et la respectabilité des modèles figurant dans de luxueux magazines, les femmes eurent à nouveau recours aux produits de beauté. Leur consommation progressa de façon spectaculaire entre les deux guerres. Dans les années soixante le marché des cosmétiques devint planétaire et la technologie de plus en plus performante fait émerger des produits sûrs, efficaces et sophistiqués.
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